Le Christ du Carmel : devant Dieu pour tous

Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte Face

Thérèse en 1881 - 8 ans

Thérèse, dans le monde entier, des gens te connaissent, t’aiment et te prient. On t’appelle la petite Thérèse, la petite fleur de Jésus, Thérèse de Lisieux et même, la plus grande Sainte des temps modernes ! Et toi, que dis-tu de toi-même ?

Je suis une toute petite âme, très faible et imparfaite mais en qui le Seigneur a fait de grandes choses et je le chante avec bonheur ! Je suis née à la fin du 19ème siècle, le siècle des inventions, dans une petite ville de Normandie. J’étais la dernière née d’un foyer où quatre frères et sœurs avaient déjà rejoint le Ciel, mais aussi où quatre autres grandes sœurs m’attendaient impatiemment ! C’est dans cette famille très unie que j’ai appris toute petite à aimer Jésus, à le servir et que j’ai puisé la force nécessaire pour entreprendre la grande aventure de ma vie : entrer au Carmel pour aimer et faire aimer Jésus de toute la terre !

Thérèse en 1886 - 13 ans

As-tu toujours été une sainte ?

Oh non ! C’est vrai que j'ai toujours désiré l’être, mais hélas ! j'ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu'il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable. Au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c'est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle...

Thérèse en 1888 - 15 ans

Une petite voie de sainteté ?

Oui, le chemin de la confiance et du total abandon. Mais ne croyez pas que suivre la voie de l'amour, c'est suivre une voie de repos toute de douceurs et de consolations... Pour y marcher, il faut être humble, pauvre d'esprit et simple. Il faut donner sans compter, prouver son amour par toutes les bonnes oeuvres en son pouvoir... Ah ! Je comprends si bien qu'il n'y a que l'amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j'ambitionne. Jésus se plaît à me montrer l'unique chemin qui conduit à cette fournaise Divine, ce chemin, c'est l'abandon du petit enfant qui s'endort sans crainte dans les bras de son Père...

Thérèse en 1889 - 16 ans - novice

Et pour arriver là, tu as inventé un ascenseur d’un genre tout à fait nouveau ! Peux-tu nous raconter ?

C’est tout simple : maintenant ce n'est plus la peine de gravir les marches d'un escalier, un ascenseur le remplace avantageusement. Moi, je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j'ai recherché dans les livres saints l'indication de l'ascenseur objet de mon désir et j'ai lu ces mots : Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi... Alors je suis venue, devinant que j'avais trouvé ce que je cherchais... l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n'ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus.

Thérèse en 1895 - 22 ans - costumée en Jeanne d'Arc

Qu’est-ce que tu entends exactement par rester petite devant le Seigneur ?

Rester petite, c’est attendre tout du bon Dieu, comme un petit enfant attend tout de son père,c'est ne s'inquiéter de rien, ne point gagner de fortune. Etre petit, c'est encore ne point s'attribuer à soi-même les vertus qu'on pratique, se croyant capable de quelque chose, mais reconnaître que le bon Dieu pose ce trésor dans la main de son petit enfant.

Thérèse en 1894 - 21 ans

C’est pour cela que tu ne t’es jamais découragée ?

Croyez-moi, j'en ai l'expérience : l'AMOUR est si puissant qu'il sait tirer profit de tout, du bien et du mal qu'il trouve en moi, commettre des infidélités, mais l'amour, sachant tirer profit de tout, a bien vite consumé tout ce qui peut déplaire à Jésus, ne laissant qu'une humble et profonde paix au fond du coeur...

Thérèse en 1896 - 23 ans

Et nous, crois-tu que nous pouvons te suivre sur ce chemin ?

J’en ai fait l'expérience : quand je suis incapable de prier, de pratiquer la vertu, c'est alors le moment de chercher de petites occasions, des riens qui font plaisir à Jésus, par exemple, un sourire, une parole aimable alors que j'aurais envie de ne rien dire ou d'avoir l'air ennuyé. Quand je n'ai pas d'occasions, je veux au moins dire souvent à Jésus que je l'aime, ce n'est pas difficile et cela entretient le feu de l’amour... Vous voyez bien que la plus petite oeuvre, la plus cachée, faite par amour, a souvent plus de prix que les grandes oeuvres. Ce n'est pas la valeur, ni même la sainteté apparente des actions qui compte, mais seulement l'amour qu'on y met, et nul ne saurait dire qu'il ne peut donner ces petites choses au bon Dieu, car elles sont à la portée de tous.

Thérèse en 1896 - 23 ans

Ton grand désir était de faire connaître et aimer Jésus, et pourtant tu n’es jamais sortie de ton Carmel, ta vie était toute consacrée à la prière. Peux-tu nous en dire un mot ?

Ah, qu'elle est donc grande la puissance de la prière ! On dirait une reine ayant à chaque instant libre accès auprès du roi et pouvant obtenir tout ce qu'elle demande. Il n'est point nécessaire pour être exaucé de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance. Moi, je fais comme les enfants qui ne savent pas lire, je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours Il me comprend... Pour moi la prière, c'est un élan du coeur, c'est un simple regard jeté vers le Ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie ; enfin c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et m'unit à Jésus.

Thérèse en 1896 - 23 ans

Et sur quoi t’appuyais-tu pour prier ?

C’est dans l’Ecriture Sainte que j’ai trouvé une nourriture solide et par dessus tout dans l'Evangile qui m'entretient pendant mes oraisons. En lui je trouve tout ce qui m’est nécessaire. J'y découvre toujours de nouvelles lumières... Jamais je n'ai entendu parler Jésus, mais je sens qu'Il est en moi ; à chaque instant, Il me guide, m'inspire ce que je dois dire ou faire. Je découvre juste au moment où j'en ai besoin des lumières que je n'avais pas encore vues, ce n'est pas le plus souvent pendant mes oraisons qu'elles sont le plus abondantes, c'est plutôt au milieu des occupations de ma journée...

Thérèse en 1895 - 22 ans

Alors la Parole de Dieu tenait une grande place dans ta vie ?

Garder la parole de Jésus, voilà l'unique condition de notre bonheur, la preuve de notre amour pour Lui. Mais qu'est-ce donc que cette parole ?... Il me semble que la parole de Jésus, c'est Lui-même... Lui Jésus, le Verbe, la Parole de Dieu... la voie, la vérité, la vie !

Aurais-tu un dernier message à nous laisser ?

C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour. Que le bon Dieu est bon ! Si toutes les âmes sentaient ce que je sens, il ne serait craint de personne mais aimé jusqu’à la folie.

Le Christ de la basilique de Lisieux Vivre d'Amour,
c'est donner sans mesure
Sans réclamer
de salaire ici-bas
Ah ! sans compter je donne
étant bien sûre
Que lorsqu'on aime,
on ne calcule pas !...
Au Coeur Divin,
débordant de tendresse
J'ai tout donné...
légèrement je cours
Je n'ai plus rien
que ma seule richesse
Vivre d'Amour.

FeuVivre d'Amour,
c'est bannir toute crainte
Tout souvenir
des fautes du passé.
De mes péchés
je ne vois nulle empreinte,
En un instant
l'amour a tout brûlé...
Flamme divine,
ô très douce Fournaise !
En ton foyer
je fixe mon séjour
C'est en tes feux
que je chante à mon aise :
Je vis d'Amour !...

Agneau couchéVivre d'Amour,
c'est garder en soi-même
Un grand trésor
en un vase mortel
Mon Bien-Aimé,
ma faiblesse est extrême
Ah je suis loin
d'être un ange du ciel !
Mais si je tombe
à chaque heure qui passe
Me relevant
tu viens à mon secours,
A chaque instant
tu me donnes ta grâce
Je vis d'Amour.

Voilier voguant en merVivre d'Amour,
c'est naviguer sans cesse
Semant la paix,
la joie dans tous les coeurs
Pilote Aimé,
la Charité me presse
Car je te vois
dans les âmes mes soeurs
La Charité
voilà ma seule étoile
A sa clarté
je vogue sans détour
J'ai ma devise
écrite sur ma voile :
«Vivre d'Amour.»

Ciel au soleil couchantMourir d'Amour,
voilà mon espérance
Quand je verrai
se briser mes liens
Mon Dieu sera
ma Grande Récompense
Je ne veux point
posséder d'autres biens.
De son Amour
je veux être embrasée
Je veux Le voir,
m'unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel...
voilà ma destinée :
Vivre d'Amour !!!.

Rose