Le Christ du Carmel : devant Dieu pour tous

Une femme étonnante

Thérèse d'Avila, abbaye de TamiéSa personnalité, son caractère, on les découvre à chaque étape de sa vie et à chaque page de ses Œuvres. C'est la découverte passionnante d'une femme vraiment passionnée.

Thérèse, c'est d'abord UN COEUR FAIT POUR L'AMITIÉ.
Elle est naturellement ouverte chaleureuse, réceptive et communicative. «  Quand je voyais qu'une personne me portait de l’intérêt et que de plus elle me plaisait, je lui vouais une telle affection que ma pensée se reportait sans cesse sure elle  »  :  une affectivité débordante ! Mais l'amour ne se guérit que par l'amour. C'est l'amitié de Dieu, l'amitié de JESUS, qui l'a fascinée et qui est venu purifier toutes ses amitiés. Il n'a rien tué, rien désincarné, mais il a tellement rempli son coeur et sa vie qu'elle a pu recevoir toutes ses amitiés comme un don de Dieu. Elle est alors libre pour aimer avec encore plus de tendresse et d'humanité.

Thérèse, c'est aussi UNE TREMPE DE CONQUISTADOR.
Elle envisage souvent le Chemin spirituel comme une rude bataille : «  On peut mourir, oui, être vaincu, jamais  !  » Elle parle de Jésus comme du «  Capitaine de l'amour  », des contemplatifs comme des « porte-drapeau », et elle même lance ses filles dans l'aventure de l'oraison comme un chef de commando : «  Pour ceux qui veulent suivre ce chemin de l’oraison, sans trêve, jusqu’au bout (...) je dis que tout est là, dans une grande détermination très déterminée de ne pas s’arrêter jusqu’à ce qu’on soit arrivé, coûte que coûte, advienne que pourra, travaille que travaillera, médise qui médira, qu'on doive arriver au but ou mourir en route, que le cœur vienne à nous manquer devant les épreuves du chemin ou que Le monde s’écroule  !  »

La cuisine du couvent de saint JosephThérèse, c'est encore UNE INTELLIGENCE REALISTE.
Elle peut tomber en extase et, l'instant d'après, faire le plan d'un couvent, compter ses ducats ou entreprendre des démarches auprès de l'administration... Cette grande mystique apprend à ses filles à discerner les vraies valeurs : c'est ainsi qu'elle compare les extases et les ravissements à des revenus amortissables et incertains, sur lesquels on ne peut compter tandis que l'humilité, le service fraternel ou l'obéissance sont des rentes perpétuelles qui ne tromperont ni ne manqueront jamais !

Thérèse d'Avila Enfin, Thérèse est UNE FEMME PLEINE D'HUMOUR.
Elle ne se prend pas au sérieux et sait rire d'elle-même : «  Thérèse et une bianca (c'est-à-dire un sou), ce n’est RIEN, mais Thérèse, une bianca et Dieu, c'est TOUT ! », mais aussi se moquer des hommes qui à son époque, tiennent toute femme pour mineure, et de plus portée au péché... Voici comment elle s'en plaint au Seigneur dans le premier manuscrit du Chemin de Perfection : «  Vous n'avez pas, Seigneur, détesté les femmes quand vous viviez dans ce monde, au contraire vous les avez toujours favorisées et traitées avec beaucoup de miséricorde, et vous avez trouvé en elles autant d'amour et plus de foi que chez les hommes. (...) Vous êtes un juste juge, Seigneur, vous n’êtes pas comme les juges de ce monde qui, étant fils d'Adam et enfin, tous des hommes, tiennent pour suspecte n’importe quelle vertu de femme ! Oui, mon Roi, il arrivera un jour où tous seront connus...  » Bien entendu le censeur, un docte dominicain, raya toute cette page.

 

Hymne à Thérèse

Thérèse de Jésus,
femme libre et cœur immense,
intrépide en ton humilité,
guide nos pas
vers les eaux jaillissantes,
par un chemin de vérité !

Source d'eau jaillissanteDécidez-vous,
Serviteurs de l’Amour,
Donnez tout, ne gardez rien :
Tous les trésors de Dieu
seront entre vos mains.

Grand prosternement pour la profession solennelleRien n’est impossible
à celui qui aime,
Et l’amour, quand il est fort,
Ne peut rester sans agir,
sans combattre pour l’Aimé !

L’Eglise souffre
et le monde est en feu :
Ne pensez qu’à prier,
à aimer, à servir,
Avec Jésus portez la Croix,
à vos frères portez sa joie !

Célébration de la mort du Seigneur - Vendredi SaintQu’importe de mourir
au chemin de l’amour ?
Nul ne garde mieux sa vie
Que celui qui la tient
pour perdue.

Texte : Carmel de Flavignerot