Le Christ du Carmel : devant Dieu pour tous

L'aventure de l'oraison

Oraison à l'oratoire

L'oraison, une affaire d'amitié

Au chapitre 8 de la Vie, Thérèse définit ainsi ce qu'elle entend par ORAISON : « L'oraison mentale, à mon avis, n'est pas autre chose qu'un entretien d'amitié, où l’on s'entretient souvent, seul à seul, avec Celui dont nous savons qu'il nous aime  ».
• un entretien d'amitié : C'est vivre une amitié avec le Seigneur, et dit Thérèse, ce n'est pas autre chose. C'est pourquoi elle s'intéresse peu aux « méthodes ». L'essentiel, c'est que le cœur y soit, qu'il soit présent, qu'il accueille l'amitié du Seigneur et s'efforce d'offrir la sienne. Et « le cœur », ce n'est pas nécessairement le sentiment, qui ne dépend pas de nous, mais ce fond où nous sommes le plus nous-mêmes et que nous pouvons donner...
• on s’entretient souvent : Ce n'est pas épisodique, c'est « muchas veces » = beaucoup de fois... L'amitié, cela s'entretient, il faut se rencontrer souvent, et même se tourner vers l'Ami le plus souvent possible, en dehors du temps de l'oraison. Quant à ce temps, il faut qu'il dure un peu, et il faut que ce petit temps soit donné, il ne nous appartient plus, et c'est là le difficile : nous trouvons tant de prétextes, nous avons tant à faire !
• seul à seul : C'est une rencontre personnelle, où je m'engage, moi, et à ce moment- là, je décide de ne regarder que vers Dieu. C'est cette solitude intérieure que vise Thérèse. Si elle-même a su créer pour ses filles des conditions de solitude, elle les avertit pourtant que ce n'est pas l'essentiel : «  Si l’obéissance vous appelle à la cuisine, comprenez que le Seigneur se trouve au milieu des marmites… Ce serait un peu fort si nous ne pouvions faire oraison que dans les recoins  !  »
• avec Celui dont nous savons qu’il nous aime : Elle ne dit pas que nous le sentons, mais que nous le savons. Il s'agit de la FOI. Nous le savons par l'Église, par la Parole qu'elle nous transmet. Le Dieu de l'oraison n'est pas un Dieu vague, ou le « grand TOUT» , c'est le Dieu de la foi, le Dieu de JÉSUS-CHRIST.

Vêpres au Carmel de Flavignerot

JÉSUS, au coeur de l'oraison

C'est la vue de Jésus flagellé, livré, Serviteur et Sauveur, qui a converti Thérèse. C'est lui, l'Ami véritable qui est venu partager notre vie, c'est lui le seul Chemin vers le Père.
Jésus, c'est aussi Celui qui se donne dans la Parole et dans les Sacrements. C'est dire l'importance capitale de la liturgie dans la vie d'oraison. Elle n'est pas à côté, elle est son milieu vital, sans lequel il n'y a pas d'oraison chrétienne. C'est la célébration des Mystères du Christ au long de l'année liturgique qui a été le cadre des plus grandes grâces accordées à Thérèse. Thérèse n'avait pas d'accès direct à la Bible car l'Inquisition n'autorisait que les éditions en latin. Pourtant elle recueillait si avidement tout écho de la Parole qu'on a pu relever près de 500 citations ou réminiscences de l'Écriture dans ses Œuvres...

Travail commun au ramassage des feuilles

L'oraison au coeur de la vie

Quand les douze premières carmélites demandèrent à leur Mère de leur apprendre l'oraison, elle se mit à rédiger le Chemin de perfection dont elle consacre les seize premiers chapitres à «  certaines choses nécessaires à qui veut faire oraison  »... Ces « choses nécessaires », c'est la conversion de la vie quotidienne !

C'est travailler à vivre avant tout l'amour mutuel, le détachement de soi-même et l'humilité. C'est qu'il faut faire de la place pour l'amitié de Dieu ! L'oraison n'est pas un refuge à côté de la vie. Si elle est sincère, elle va changer la vie.

«  Ô amour, qui m’aimes plus que je ne puis m’aimer,
mon seul bonheur est de te contenter.
  »

Prier avec Thérèse d'Avila

Le christ ressuscité - GiottoJe ne vous demande 
que de le regarder.
Si vous êtes joyeuse,
considérez-le ressuscité.

Le portement de croix - GiottoSi vous êtes dans l'épreuve, regardez-le chargé de la Croix ;
il vous regardera, Lui,
de ses beaux yeux 
si compatissants pleins de larmes,
il oubliera ses douleurs 
pour vous consoler des vôtres.

Le lavement des pieds - GiottoReprésentez-vous le Seigneur 
lui-même auprès de vous,
et considérez avec quel amour et quelle humilité il vous instruit.