Le Christ du Carmel : devant Dieu pour tous

Le Carmel de Dijon

Antécédents

Gravure ancienne : le Carmel de Dijon

Une pieuse demoiselle de Dijon, l’ancienne capitale de la Bourgogne, Jeanne Chevrier, désirant avoir un Carmel dans sa ville vint en mai 1605 à Paris proposer à la Mère Anne de Jésus, compagne de sainte Thérèse et fondatrice du Carmel en France, de fonder à Dijon. Elle lui offrait sa petite maison et ses maigres ressources. Heureuse de faire une fondation en complète pauvreté comme les aimait sainte Thérèse, la Mère Anne accepta son offre.

Fondation

Anne de Jésus

Elle quitta Paris le 15 septembre, emmenant avec elle ses deux compagnes de Salamanque, Isabelle des Anges et Béatrix de la Conception qui seraient respectivement sous-prieure et maîtresse des novices. Trois novices françaises les accompagnaient : Marie de la Trinité (d’Hannivel), Françoise de la Croix et Marie de saint Albert, ainsi que deux postulantes qui prendront le nom de Thérèse de Jésus (Mercier) et Catherine des Anges.
Le 21 septembre 1605, fête de saint Matthieu, fut célébrée la première messe et le monastère fut dédié à saint Joseph. Les postulantes venues de Paris, ainsi qu’une dijonnaise, Marie de saint Joseph, prirent l’habit le 30 octobre et, le 1er novembre, Marie de la Trinité, première professe du Carmel de France, prononçait ses vœux solennels.
La nouvelle fondation fut très éprouvée : le 4 octobre la Mère Anne fut malade à en mourir et ne dut sa guérison subite qu’à une intervention de sainte Thérèse ; de plus l’arrivée des trois mères espagnoles alors que la Guerre d’Espagne était à peine terminée souleva d’abord dans la ville une vague de xénophobie, qui se calma peu à peu ; enfin Jeanne Chevrier, ayant voulu elle-même entrer au Carmel, dut être refusée à la profession l’année suivante et son départ entraîna de pénibles différends.

Monastère

Façade du premier monastère

La maison de Jeanne Chevrier, rue de la Charbonnerie, était beaucoup trop petite. Avant de quitter Dijon le 30 décembre 1606, Mère Anne de Jésus avait projeté l’achat d’un immeuble et d’un terrain situés rue Sainte Anne. Ce monastère, d’où les carmélites furent chassées en 1792, devint alors bien national et fut affecté au service de la guerre comme dépôt de vivres puis prison militaire, enfin simple caserne. C’est aujourd’hui un bâtiment administratif. Le clocher fut abattu vers 1820 mais la façade de l’ancienne église existe toujours.

Suppression et restauration

Mère Marie de la Trinité

Pendant la Révolution, les carmélites dispersées dans des familles continuèrent par petits groupes leur vie carmélitaine aussi fidèlement que possible. Sous l’Empire et la Restauration la prieure fit d’actives démarches pour obtenir la restitution de l’ancien monastère, sans aucun résultat… et finalement la dernière professe de l’ancien Carmel de Dijon s’éteignit en 1843.
En octobre 1860, Sœur Marie de la Trinité, professe du Carmel de l’Incarnation à Paris et sous-prieure du Carmel de la rue de Messine, également à Paris, reçut l’inspiration de fonder un nouveau Carmel dans le but de réparation et de médiation en ces temps difficiles. Elle essaya d’abord de fonder à Strasbourg car il n’y avait aucun Carmel en Alsace et y partit en septembre 1861 avec quelques compagnes. Deuils, épreuves et contradictions se succédèrent au point qu’il fallut abandonner la fondation, malgré la présence de plusieurs novices alsaciennes.

Vue sur le monastère du boulevard Carnot à Dijon

Tandis qu’elle cherchait en quelle ville établir sa communauté, plusieurs signes manifestes de saint Joseph l’encouragèrent à travailler à la restauration de l’ancien Carmel de Dijon, le premier en France à être dédié à ce grand saint. La nouvelle communauté fit construire un monastère dont l’entrée était située boulevard Carnot. Les sœurs en prirent possession le 15 juillet 1870 et la chapelle, dédiée au Cœur agonisant de Jésus et au Cœur transpercé de Marie, fut bénie le 2 décembre 1872. C’est dans ce Carmel du boulevard Carnot que vécut la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité du 2 août 1901 au 9 novembre 1906.
Par la suite on dut à diverses reprises entreprendre travaux et aménagements et le manque de ressources obligea à vendre des parcelles du jardin pour subvenir à la dépense. En 1975 l’impossibilité d’amputer à nouveau la propriété pour faire face aux réparations indispensables, le bruit excessif et la proximité d’immeubles surplombant de partout le monastère amenèrent la communauté à envisager un transfert.

Transfert

La colline où est établi le monastère près de Flavignerot

Le 17 mars 1979 la communauté s’établit dans son nouveau Carmel dont les fondations avaient été bénies le 23 mars 1978 par Mgr Decourtray, alors évêque de Dijon. Petit et simple, le monastère est situé sur une colline à 13 kms de Dijon, non loin du village de Flavignerot. La cellule de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité y a été entièrement reconstituée et ses souvenirs fidèlement conservés.

Un carmel : trois implantations

Le Carmel de la rue Sainte Anne

Le Christ de la façade du Carmel de la rue Sainte Anne

La chapelle du boulevard Carnot

La façade nord du carmel boulevard Carnot

Le préau du carmel boulevard Carnot

La chapelle du Carmel de Flavignerot

La façade des cellules du Carmel de Flavignerot

Le préau du Carmel de Flavignerot